CURRICULUM MORTAE de Charlzes T. Diggles décédé en mourant

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D
e nos jours, on ne compte plus le nombre de morts hautement qualifiés sous employés qui pourrissent sous terre et peinent à trouver une situation adaptée à leurs compétences.
Ainsi, las de reposer inlassablement dans le caveau familial depuis une éternité, Charlzes T. Diggles cherche aujourd’hui un mausolée digne de ses aptitudes actuelles. Il y a peut-être peu de chômage dans l’au-delà, mais les places sont chères. Et à force de fréquenter toujours le même tombeau, on finit par végéter sur place et on sclérose avant l'heure.
À ce titre, le curriculum-mortæ de Charlzes T. Diggles est exemplaire et significatif.

Il commence sa formation en 1957 par des cours de noyade intensifs à la station d’épuration les Eaux-Usées de Maisons-Laffitte et meurt aussitôt. Il est maintenant capable de tenir plus d’une semaine sous l’eau sans respirer.

Il s’initie ensuite à l’art de la défenestration à Nice et à la Défense avec Nicolas de Stael et Yves Klein qui avaient ouvert la voie en 1955 et 1962.

Cadavre à l’École de Médecine de Paris de 1963 à 1965, son corps est retrouvé congelé dans un caniveau lors de l’hiver historique de 1966. Déposé in naturalibus à la décharge municipale de Nanterre-Université, il ne survit pas à la lecture des œuvres complètes de M. Duras ni aux blagues de Jean Roucas et Sim qui le font mourir du cancer.

Diplômé post-mortem de l’Institut Médico-Légal de Nogent-sur-Seine (section décomposition avancée).

Et son expérience est des plus riches.

Mort en 1967 à Rissac-sur-Orge, puis en 1969 à Brive, il est inhumé au cimetière de Nangis à temps partiel. Il occupe le cimetière canin mitoyen l’autre mi-temps. 212 personnes assistèrent à l'inhumation le mardi et 276 le vendredi. Seulement 187 âmes pleurèrent sa dépouillent le lundi suivant alors que plus de 283 se recueillirent le jeudi en 8 dans l'affliction et les larmes en attendant l'incinération prévue pour les années 1980.

Il remeurt en 1976 (d’avril à octobre) avant de se suicider en voyage culturel dans les tombeaux de la Vallée des Rois en Egypte. Son corps est jeté en pâture aux hyènes sardoniques du désert du Sinaï.

1979, mangé par un ours au zoo de Vincennes (75), puis déchiqueté dans l’explosion de la rame 80453 qui le ramenait à la morgue. Renaît de ses cendres en criant « Rendez-nous la variole ! » et se jette sous un train en conspuant le prix du gaz, les moules à l’ancienne, son taux d’urémie côté en bourse et l’horaire des marées.

1980, Il est finalement incinéré en deux fois au crématorium des amis de l’Association des Défunts du Midi (13). Depuis il n’a plus bougé.

Il espère aujourd’hui une mutation dans un tombeau plus grand (catacombes par exemple) près d’une station de métro ou de bus. Pas trop proche du périphérique. Toutes les propositions sont les bien venues. Dans le Sud de préférence. (Fosse commune s’abstenir. L’idée de reposer aux côté d’un de ses collatéraux, même direct, lui est positivement insupportable.)

En attendant, si vous cherchez pour accompagner vos dernier jours, un cadavre de compagnie en remplacement de votre chien écrasé sous un autobus ou de votre chat empoisonné par les voisins, sachez que Charlzes T. Diggles est très propre. Il sort peu et ne consomme rien. Il ne réclame pratiquement aucun entretien. Un recoin poussiéreux ou un vulgaire soubassement lui suffirait amplement.

Et vous saurez enfin s’il y a de la moquette dans l’au-delà.
Recueillez-vous en recueillant
Charlzes T. Diggles.
Vous ne le regretterez pas ou mourir.


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